Depuis mi-Mars la France est touchée par une crise sanitaire sans précédent, résultant en un confinement quasi-total de sa population et un fort renforcement des mesures d’hygiène. Dans ce contexte inédit dont la date de retour à la normal semble toujours incertaine, nous nous interrogeons sur l’impact et les répercussions de cette crise sur le mouvement zéro déchet ?

Une recrudescence des produits à usage unique

Les recommandations du gouvernement sur les gestes barrières à adopter, préconisent notamment l’utilisation de mouchoirs à usage unique pour éviter la transmission des microbes. Outre les mouchoirs, c’est tout le secteur du vrac qui semble délaissé ces derniers jours au profit des produits emballés et donc jetables. Cependant, comme l’annonce Flore Berligen, présidente de Zero Waste France : « L’usage unique ne protège pas du virus. Des études ont montré que le virus peut survivre plusieurs heures sur le carton ou le plastique. L’emballage peut donc sembler plus protecteur mais il a été manipulé par plusieurs personnes avant d’arriver dans les mains du consommateur. Il faut y appliquer les mêmes précautions que celles qu’on applique, peut-être plus naturellement, aux produits vendus en vrac » [Source : ladn.eu].

Par ailleurs, pour garantir de conditions sanitaires optimales et limiter la transmission du COVID-19, le réseau vrac a récemment publié un ensemble de recommandations sanitaires à destination des commerçants et des clients [Source : Zero Waste France]. Enfin, la fermeture des marchés et autres petits commerces locaux de proximité où il était possible de venir avec ses propres contenants faire ses courses alimentaires, ne facilite pas non plus la conservation d’un mode de vie zéro déchet.

Ces fermetures s’accompagnent d’une recrudescence des commandes en ligne avec livraisons à domicile ou en drive. Ainsi par exemple, au cours de la première semaine du mois de Mars, les drives ont observé les plus hautes ventes de leur histoire selon l’institut Nielsen [Source : ecommerce-nation.fr]. Ces techniques de ventes et de livraisons sont malheureusement bien souvent fortement génératrices d’emballages à usage unique, et donc in fine de déchets.

Une réorganisation de la gestion des déchets

La fermeture des commerces non indispensables à la vie du pays, tels que les restaurants, les bars mais aussi les usines, engendre une réduction conséquente des émissions de déchets, avoisinant les 25% [Source : Lexpress]. En contrepartie, plusieurs villes ont décidé d’arrêter temporairement le tri collectif ainsi que le recyclage et ont également fermé leurs déchetteries.

Cependant, les ménages confinés continuent de produire des déchets qui doivent toujours être collectés (par des éboueurs) et traités (en centres de tri). Nous vous invitons à consulter le site internet de votre intercommunalité afin de connaître les recommandations de tri liées à votre commune, de savoir si les composteurs collectifs de votre ville ou encore votre déchetterie la plus proche est ouverte pour accueillir vos encombrants.

Pour permettre au personnel de gestion des déchets d’effectuer leur travail en toute sécurité, nous pouvons tous agir à notre échelle en suivant les recommandations suivantes :

  • Bien mettre ses déchets dans des sacs fermés et dans des bacs afin de limiter le risque de projections
  • Évitez de déposer des déchets au sol
  • Désinfecter les poignées des bacs afin de limiter la transmission par la manipulation des poubelles

Enfin, si vous possédez des objets en bonne condition, dont vous souhaitez vous débarrasser, plutôt que de les jeter, vous pouvez les mettre de côté pour en faire don, quand cela sera possible à une association (Emmaüs, ressourcerie…). Vous pouvez également privilégier la réparation, la couture et le fait soi-même à l’achat du neuf (souvent réalisée en ligne) [Source : Zero Waste France].

Vers une consommation plus responsable en sortie de crise ?

Si le bilan à court terme des répercussions de la pandémie de COVID-19 sur le zéro déchet semble mitigé, l’espoir réside peut-être dans les remises en question de notre système actuel de consommation. Ainsi, selon le sociologue Gérard Bronner « Si on peut […] s’attendre à ce qu’après cette crise sanitaire, à court terme, les plaisirs de l’évasion s’imposent et que, naturellement, il y ait d’abord une envie de se précipiter dans les magasins pour assouvir ses besoins, il y aura sur le long terme un rapport beaucoup plus réfléchi et sensible à la consommation et aux problématiques sanitaires, écologiques, altruistes, solidaires. » [Source : Franceinter]. Selon une étude, 77% de la population considère cette crise sanitaire comme une occasion de mettre en place une politique de transition écologique [Source : yougov.com].

Conclusion

Comme le dit Flore Berligen : « C’est tout à fait normal que les efforts en matière de zéro déchet diminuent dans le contexte actuel. […] Surtout, il ne faut pas se flageller si on doit stopper (temporairement) nos efforts » [Source : ladn.eu]. Votre santé et celle de vos proches doit rester la priorité absolue. Cependant, nous espérons que comme 68% des français souhaitant « personnellement adopter un comportement plus écoresponsable à la fin de cette pandémie », [Source : yougov.com], vos efforts pour produire moins de déchet et avoir une consommation plus raisonnée persisteront et s’amplifieront.

Prenez soin de vous.

Sources